Plage de Donnant à Belle-Ile © Erwan Boisecq

L'été est là (si si !!) et les grandes vacances sont désormais entamées... moment idéal pour débuter une nouvelle série à la découverte d'autres facettes de notre chère Bretagne. La Bretagne et la mer : ouverture avec ce premier volet consacré aux plages bretonnes.

Figure de proue de l’Europe à l’assaut de l’Océan, la Bretagne vit avec la mer une histoire éternelle, intimiste et tourmentée. La frontière entre ces deux mondes s’est aménagée en une alternance de douceur et de chaos : les falaises et les brisants, où la "Grande Eau" écume de rage, s’effacent de place en place au profit de plages magnifiques.

De sable ou parfois de galets, les plages bretonnes sont multitude et chacune possède un charme particulier. À l’avantage rare de choisir "sa" mer (la Manche, la mer des faluns, la mer d’Iroise…), le vacancier ajoutera le plaisir de trouver au fil de ces plages pleines de ressources, des ambiances variées, même avec une météo de caractère.

Source photo : http://www.fans-de-bretagne.com/membres/EmmanuelLemee


Contempler une mer au bleu teinté d'émeraude, bâtir de fabuleux châteaux de sable, ramasser des coquillages, pratiquer la pêche à pied et toutes formes d'activités avec le vent (planche, parapente, char, voilier, cerf-volant…), les vacances risquent de paraître bien courtes. De la petite plage au fond d’une crique à l’étendue de sable de plusieurs kilomètres, une même commune compte souvent plusieurs plages, et pour les inconditionnels du shopping, il y a même des plages en centre ville.

Comment évoquer les plages bretonnes sans parler de l’archipel des Glénan. Sept îlots autour d'une mer intérieure aux eaux transparentes, des plages de sable blanc… et dire qu’il y a encore des gens pour aller chercher le paradis sous les tropiques ! Mondialement réputés pour leur centre nautique, les Glénan sont aussi une réserve naturelle où fleurissent des narcisses uniques au monde et où vaquent, à l'écart de la pollution, quelques requins pèlerins (pas d’angoisse, malgré leur taille qui peut atteindre 7 mètres, il ne se nourrit que de plancton).



Mais d’autres lieux sont tout aussi captivants. Ainsi à Pénestin, la plage de la mine d’or n’est pas une allusion triviale au tourisme, il y a bel et bien eu là une mine d'or au 19e siècle. Fermée faute de rendement suffisant… mais il reste peut-être de quoi faire le bonheur de quelque aventurier en herbe. Et faute d’or dans les dunes, celui qui s’affiche sur la falaise au soleil couchant vaut le déplacement.

Autre curiosité, le sillon de Talbert. Assurément pas une œuvre humaine, cette étroite bande blanche de sable et de galets d’environ trois kilomètres permet à l’homme de marcher sur l’eau. C’est d’ailleurs dans ce but qu’elle a été créée par la magie de Merlin (ou celle de Morgane – les avis divergent) pour rejoindre l’être aimé. Moins romantiques, les marins assurent que le sillon de Talbert est entièrement composé d’ossements de naufragés, car sa pointe est un redoutable aimant qui cause la perdition des navires. Nul ne navigue à proximité sans se signer… En tous points proche du merveilleux, le sillon de Talbert protège naturellement nombre d’oiseaux, tant il impose au promeneur, comme au pêcheur à pied ou au cueilleur de goémon un indicible respect.

© Erwan Boisecq


Histoire et légende ne sont jamais très loin en Bretagne. Contées inlassablement par les vagues et la brise, il suffit de vouloir pour les saisir, même au milieu des ébats estivants.

Il y a l’histoire avec un grand H, sur la plage des galères à Belle Ile où les Vénètes succombèrent à César en 56 avant JC. L’histoire avec un astérisque, sur les plages d’Erquy où aurait été situé le village des irréductibles. L’histoire insolite et récente de ce cargo de plus de 100 mètres échoué sur la plage d’Erdeven, l’histoire noire des pollutions, l’histoire verte des algues passées de nutriment à toxine... Mais il y a surtout les légendes, légion, omniprésentes, qui vous feront inconsciemment rechercher le chant des sirènes ou une cité engloutie.

Amoureux de la nature, férus de disciplines sportives, amateurs d’histoire, de légendes, ou simplement de contemplation, trouvent leur bonheur sur les plages bretonnes. D’aucuns même, ont trouvé face à ces éléments grandioses et écrasants, le motif de se sublimer. Ils ont pour nom Chateaubriand, Jacques Cartier, Surcouf, Charcot, Jules Verne, Tabarly...


Le Pen Duick d'Eric Tabarly - Source : http://www.luximer-magazine.com